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Darksiders 3 : Conscient d’être un peu fade

Toujours au top de l’actualité, aujourd’hui on va parler de Darksiders 3 et même de Darksiders en général. Mais pas de Genesis.

C’est une saga qui a commencé en 2010 avec…ben Darksiders 1 et dont l’originalité était de ne pas être original. Un pot-pourri de tout ce qui était populaire à l’époque : un mélange de Zelda, God of War avec des petites touches d’autres jeux ci-et-là tel que Portal par exemple.

Malgré les ventes apparemment un peu décevantes pour l’éditeur (il faut dire qu’il est sorti à peu près en même temps que Mass Effect 2, God of War 3, Bioshock 2, Heavy Rain et à peine quelques mois avant Red Dead Redemption) les développeurs ne se sont pas laissés abattre et ont réussi à sortir 2 ans plus tard une suite nommée…ben Darksiders 2.

Un épisode qui reprend une formule très Zelda-esque mais qui y ajoute cette fois des composantes hack’n slash. C’est loin d’être étonnant quand on voit qu’il est sorti à cheval entre Diablo 3 et Borderlands 2.

Ventes satisfaisantes ou non, quand ces deux premiers épisodes sortent, il s’agit de gros jeux, au moins en termes de coût de développement. Malheureusement, la série sera mise en pause après la fermeture de l’éditeur THQ et ce n’est qu’en 2018 qu’on la verra revenir avec … ben Darksiders 3.

Je me suis récemment mis à faire des vidéos Youtube. C’est exactement comme ce que je faisais ici, mais sous forme de vidéo, comme ça, ça engrange moins de vues et ça me prend plus de temps. Ceci dit, ça me fait quand même de la peine de délaisser ce lieu qui m’appartient. Ainsi donc, je me permets de créer le meilleur des mondes en vous partageant la vidéo en question suivie de son « script » si j’ose dire. L’écoute ou la lecture, c’est à vous de choisir. Toujours est-il que n’importe quelle forme de partage de la vidéo comme de l’article sera très grandement apprécié.

Et en 2018, le jeu vidéo a changé. La mode n’est pas spécialement au hack’n slash et encore moins au Zelda-like étant donné que même Breath of the Wild s’éloignera de l’éternelle formule habituelle. Ce qui marche, c’est le Souls-like.

On ne va pas rentrer dans un débat sur ce que Dark Souls a inventé ou non, ce qu’il a repris d’autres titres et modernisé. Toujours est-il que Darksiders 3 reprend une forme d’exigence dans ses combats, dans lesquels on peut mourir en 3 ou 4 coups seulement, qu’il ne faut pas se laisser encercler, qu’on récupère l’équivalent d’âmes après chaque ennemi vaincu, que ces âmes représentent la seule monnaie du jeu ainsi qu’un moyen de gagner des niveaux et qu’à chaque repos, les ennemis reviennent. Tout ça est hérité des Souls et nous permet d’aborder l’une des plus grandes qualités de Darksiders 3 ainsi que des épisodes précédents : la saga pioche correctement dans ses inspirations, et l’a toujours fait avec une certaine modestie.

Ainsi toutes les mécaniques listées ont beau être des idées reprises des Souls, il n’ira pas plus loin dans son recopiage. Il suffit de voir les Lords of the Fallen, Mortal Shell, ou The Surge pour comprendre qu’une formule Dark Souls n’est pas évidente à refaire. Darksiders 3 en est conscient et allie ces idées à un système de combat qui n’a rien à voir avec les Souls. On est face à du sous-beat’em all avec peu de combos et basé sur l’esquive parfaite, qui est très satisfaisant à jouer. Le feeling est très bon que ce soit face aux ennemis lambda comme face aux boss. Ces derniers sont d’ailleurs tous réussis et amènent des variantes et des approches différentes qui les distinguent les uns des autres. S’ils ne sont au final pas très difficiles, certains affrontements laissent un bon souvenir et des combats assez épiques.

Cette prise de conscience concernant ses limites est ce qui est réussi chez Darksiders 3. Loin d’être un jeu à gros budget, il se présente plutôt comme un double A bienvenu. Un titre linéaire qui indique constamment le chemin à prendre avec sa boussole, même s’il essaye à deux trois reprises de créer un level design à base de raccourcis, mais rien qui ne décrochera la mâchoire.

Tout cela en fait un jeu très agréable. Qui se fait parfois un peu en mode automatique mais qui n’est jamais trop frustrant, ni trop facile. Il est bien rythmé et amène aussi quelques énigmes histoire de calmer un peu l’action. Bon, elles font un peu cheap mais s’accompagnent aussi d’un système de changement d’armes, et de pouvoirs qui leurs sont liés qui pour le coup est très réussi, en plus d’être visuellement assez classe.

Pourtant, malgré ses modestes ambitions et ses inspirations bien amenées, Darksiders 3 n’est pas mémorable, et en ce sens il s’inscrit dans la droite lignée de ses prédécesseurs. Le problème ne vient pas de ses prétentions mais bel et bien de son univers. Darksiders n’est pas très intéressant. Il y a tout plein de raisons à cela : on peut citer le conseil ardent loin d’être véritablement menaçant puisqu’ils sont en l’état juste de gros rochers avec une shaky cam’. C’est le cas aussi pour les 7 péchés capitaux, les ennemis principaux du jeu qui ne sont pas spécialement marquants ou bien caractérisés. Malheureusement, je pense aussi à Fury, héroïne de cet épisode et surement la plus réussie des Cavaliers pour le moment mais qui peine malgré tout à convaincre. Sa rage n’est jamais réellement ressentie par le joueur, même s’il y a clairement du mieux face au stoïcisme de War et Death.

Et puisque qu’on en parle, le fait que l’histoire n’avance jamais dans la série a tendance à être assez frustrant également, le 2 se déroulant en parallèle aux évènements du premier et le 3 situant son intrigue avant. Même le tout dernier épisode sorti en date, nommé…ben pas Darksiders 4, mais Darksiders Genesis se situe logiquement avant tous les autres.

Cet univers manque de personnalité à mes yeux. Et ceux-ci ne sont pas non plus convaincus par la direction artistique générale de la série, et encore moins par cet épisode qui a la très mauvaise idée de placer facilement 70% de son aventure dans des égouts, des cavernes ou des stations de métro désaffectées. Des environnements vraiment tristes et complètement oubliables. Seule la dernière zone renouvelle un peu les choses et propose une nouvelle palette de couleurs.

Il me semble pourtant que la saga a du potentiel avec sa mythologie. Le premier avait une histoire plutôt prenante et posait un univers à base d’anges et de démons plutôt convaincant. Qu’on accroche au style comics et aux personnages aux grosses armures un peu grossières ou non, le problème réside véritablement dans ce que les scénaristes font de cet univers, à savoir, pas grand-chose.

Au final, et c’est pour ça que j’en parle aujourd’hui, je trouve le cas Darksiders 3 intéressant. Un jeu et même une série qui puise autant dans d’autres jeux présente bien un risque d’avoir un manque de personnalité. L’ironie étant que ce manque de personnalité ne vient pas des inspirations et du gameplay mais dans ce qui est censé être leur liant, l’univers lui-même. Darksiders 3 un peu comme ses prédécesseurs est un paradoxe : un titre ultra conscient de son budget et de son époque incapable d’y amener véritablement sa patte. En l’état c’est un jeu et même une série pour laquelle j’ai de l’affection mais qui mériterait surement un auteur. Et je ne pense pas à Joe Madureira, à l’origine de la licence, qui semble aujourd’hui plus déterminé à en faire une Marvel-isation avec Genesis plutôt que de le faire avec soin.

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