Avis complètement personnels·Jeux Vidéo

Metal Gear Survive : Jouez à MGS V

Quelle bonne époque pour jouer aux jeux vidéo tout de même. Entre les grosses sorties, les jeux indépendants, les émulateurs, la VR et bien sûr les confinements, l’offre n’a jamais été si riche. Si je le souhaite, j’ai toujours un jeu à faire, à découvrir, à relancer. Un chef d’œuvre à enfin faire, une expérience différente, bref j’ai du choix, et bien souvent de la qualité.

Hum hum hum…

Donc j’ai lancé Metal Gear Survive.

Je me suis récemment mis à faire des vidéos Youtube. C’est exactement comme ce que je faisais ici, mais sous forme de vidéo, comme ça, ça engrange moins de vues et ça me prend plus de temps. Ceci dit, ça me fait quand même de la peine de délaisser ce lieu qui m’appartient. Ainsi donc, je me permets de créer le meilleur des mondes en vous partageant la vidéo en question suivie de son « script » si j’ose dire. L’écoute ou la lecture, c’est à vous de choisir. Toujours est-il que n’importe quelle forme de partage de la vidéo comme de l’article sera très grandement apprécié.

Metal Gear Survive est le premier jeu Metal Gear sorti par Konami après le départ de Hideo Kojima. Pour autant, ce n’est pas le premier épisode sans Kojima, mais celui-ci sort après une série de déboire entre le studio et le créateur et signe peut-être l’un des derniers doigts d’honneur fait à la saga : un jeu de zombie Metal Gear.

Voulant surfer sur la vague du phénomène Zombie, et pourtant à mon sens déjà en retard, Konami semble y coller une saga qui n’a rien à voir. Eh bien figurez-vous ! Que ça ne marche pas en effet. A commencer par le contexte, qui essaye tant bien que mal de raccrocher la trame de Survive à celle de MGS V.

Vous vous souvenez de la fin des évènements de Ground Zeroes ? Big Boss va récupérer Paz, et lui retire une bombe du ventre sur le chemin du retour dans l’hélicoptère. Mais en rentrant, la base est en train de se faire attaquer, et nos personnages sont obligés de fuir. Pas de bol, il y avait une autre bombe dans Paz et l’hélicoptère où se trouve Big Boss et Kaz Miller explose.

Sacrée soirée, hein ? Eh bien selon Survive ce n’est pas tout ! Pendant que Big Boss remontait dans l’hélico pour fuir, un trou de ver géant s’est ouvert au-dessus de la Mother Base entrainant tout un tas de soldats dans une autre dimension. Notre personnage y sera lui-même envoyé pour sauver un maximum de personnes.

Passé une introduction qui tente maladroitement de refaire du Kojima avec des plans de caméra directement repris de MGS V et des cinématiques un peu longuettes, le scénario devient bien plus un prétexte par la suite. La narration se faisant majoritairement par des phases de codec.

Première surprise quand je découvre véritablement le jeu et ce qu’on y fait : le « survive » ne signifie pas « survivre face aux zombies » mais « survivre comme dans un jeu de survie ». La confrontation avec les zombies n’est pas la première menace que vous croiserez. Dans Metal Gear Survive, que nous appellerons désormais MGS (euh…) il faut se nourrir, boire et se reposer pour maintenir sa vie et son endurance au maximum. Et bien sûr il faut collecter diverses ressources pour crafter du meilleur équipement, des meilleures armes et de meilleures défenses pour le camp. Il y a aussi un peu de gestion de base avec l’attention que l’on peut porter aux rares survivants qui vont s’y installer.

Même si l’on va reparler des affrontements, tout ça représente quand même une grande partie du jeu. Les missions principales vont nous demander d’accéder à un endroit précis sur la map, et en chemin, on tâchera de récolter un maximum de ressources. Et c’est étonnamment contraignant. Le personnage est plutôt lourd, son endurance tombe vite et à chaque action, même le fait de s’accroupir. Bien sûr on a également un poids maximum qui apportera son lot de malus quand on le dépasse. On a du mal à trouver de l’eau qui n’est pas croupie au tout début, et nos plantations ne peuvent être récoltées que toutes les 15-20h, en temps réel.

Comprenez bien que je parle de contraintes, mais ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Après tout MGS 3 lui-même avait approché ce terrain de la survie. Ça en fait une proposition un peu radicale, ce qui est loin d’être ce que j’imaginais quand on m’a annoncé que Konami allait faire du Metal Gear sans Kojima. Je pensais justement que ça allait être un épisode qui allait se tourner vers la facilité, l’action pure d’où la présence des zombies, ce qui n’est pas vraiment le cas ici.

Mais rassurez-vous de l’action, il y en a malgré tout, puisque le jeu nous demande bien souvent, voir très souvent de défendre une machine qui va alerter des ennemis pendant 2 ou 3 minutes. Dans certains cas, ça devient même du tower défense avec des vagues d’ennemis à combattre pendant 3 vagues de cinq minutes chacune. Et là encore, il faut utiliser le craft pour poser des pièges, mais qui ne dureront jamais très longtemps, les zombies faisant de gros dégâts.

C’est franchement exigeant, et les premières attaques laissent en sueur. Honnêtement, c’est éprouvant, mais ça fonctionne. Il faut dire aussi que toutes ces mécaniques se greffent à un moteur déjà impressionnant, à savoir le Fox Engine.

Car en reprenant ce moteur, il reprend sa physique et tout un tas d’assets, à tel point que l’aventure nous refait visiter les deux mêmes map de MGS V, l’Afghanistan et l’Afrique du Sud. Sauf qu’il essaye de faire illusion en plongeant 80% de la map dans un brouillard qui dérègle notre gps, fait perdre de l’oxygène, et rend le jeu très très triste visuellement. Ceci dit, ça s’inscrit aussi dans le reste de la formule.

Malgré tout, on ne peut s’empêcher de soupirer face à tout ce recyclage, à tel point que certaines cinématiques sont littéralement des plans de caméra déjà utilisés dans MGS V.

Du coup, ce jeu, ça va, c’est correct. Notamment parce qu’il y a eu MGS V avant. Par contre, le rythme et la contextualisation des missions est terriblement mal faite. L’aventure ne s’embarrasse pas à varier sa campagne. La moitié des quêtes principales consiste à aller récupérer une carte mémoire, et l’autre moitié à défendre un objectif. Point. C’est tout, et ce n’est pas du tout engageant.

A noter aussi, qu’il y a des missions à faire en coopération, ce qui est sympathique et donne plus d’intérêt aux phases de tower defense. Le problème c’est que la campagne semblait aussi pensée pour la coop’ mais qu’elle n’existe pas dans ce mode. Ça aurait pourtant été sympa de développer sa base et de gérer ses ressources avec ses amis. Le genre adapté semble même pensé pour être joué en coop’, mais non, il n’y a rien qui a fait tilt pendant le développement.

Comprenez que je n’ai pas beaucoup d’affect pour Metal Gear Survive, mais je m’attendais aussi à bien pire. En reprenant le moteur de MGS V par facilité, ça lui laisse une base solide. Et si la transformation en jeu de survie un peu radical me semble être un choix audacieux, le reste manque sérieusement d’ambition alors qu’il laisse finalement entrevoir un potentiel pas inintéressant.

Je parle d’audace, mais cet aspect exigeant de la survie, est peut-être aussi pensé pour pousser les joueurs à se tourner vers les micro-transactions que propose le jeu pour faciliter la vie. Dans ce cas, c’est moins une expérimentation audacieuse, qu’un opportunisme déplacé de la part de Konami, mais pour être tout à fait honnête, elles ne sont pas réellement envahissantes pendant la campagne principale. Elles le deviennent peut-être plus pour le end game, mais je n’ai pas poussé l’expérience aussi loin.

Alors jouez à ce jeu…ou non. Loin d’être mémorable, il ne représente pas non plus l’étron qu’il aurait pu devenir. Je pense sincèrement que la licence transformée en machine à sous est plus insultant. C’est basiquement MGS V avec beaucoup plus de contraintes. Alors, si vous ne l’avez pas fait, jouez plutôt à Metal Gear Solid V.

2 commentaires sur “Metal Gear Survive : Jouez à MGS V

  1. Eh bien c’est très intéressant tout ça, je ne m’attendais pas à ce que tu citernes choses positives au sujet de ce jeu vu sa réputation. Bon je n’irais pas dire que j’y jouerais un jour pour autant… Mais tout de même, ça me rendrait presque curieux !

    Lecture plaisante en tous cas mais ça, je le savais déjà avant de venir !

    Petit détail sinon, tu dis que MGS V se déroule pour partie en Afrique du Sud mais c’est en réalité à la frontière entre l’Angola et le Zaïre (actuelle République Démocratique du Congo), donc plutôt en Afrique centrale. :3

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    1. Ah oui, Afrique Centrale ? Autant pour moi, merci pour l’info !
      Je ne pensais pas non plus citer tant de choses positives, alors même qu’au final le résultat est très mitigé et je n’ai absolument pas envie d’y retourner.

      J'aime

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