Avis complètement personnels·Jeux Vidéo

Hyrule Warriors L’Ere du Fléau : Musô à raser

La légende de l’image

Il m’est difficile d’exprimer pourquoi j’aime tant le premier Hyrule Warriors. On parle d’un muso (sous genre du beat’em all très simpliste où l’on affronte des centaines d’ennemis à la fois) avec un skin Zelda. Et croyez-moi, dans son genre, il n’a finalement rien de transcendant. Sauf que, cette skin Zelda, elle est posée avec amour, avec soin (ce qui n’est pas toujours le cas dans le genre) et avec beaucoup d’humour. En réunissant beaucoup de personnages provenant de plein d’épisodes différents, le jeu est une de ces rares œuvres complètement fan service qui me plait énormément.

L’autre raison pouvant expliquer mon amour pour ce jeu, c’est le fait que toutes les missions principales soient menées avec un sentiment d’urgence. Je sais que c’est un élément qui a beaucoup déplu, mais au contraire, pour moi, c’est ce qui le distingue d’autres muso. Dans Hyrule Warriors, les informations et objectifs fusent : prendre les deux forts à l’ouest, sauf qu’un mini boss apparait à l’est, et il ne faut pas se laisser prendre sa propre forteresse au sud. Et tiens, tu as tué 1000 ennemis, une skulltula dorée apparait au nord, mais presse toi, elle ne restera pas bien longtemps. Qui plus est chaque map a un cœur et un fragment de cœur à récupérer. Bref, on est débordé.  Et je trouve que le sentiment d’urgence combiné aux multiples objectifs illustre assez bien l’idée que je peux me faire d’une bataille, en plus d’avoir de ce fait, des séquences sacrément épiques.

Si je vous parle du premier Hyrule Warriors, c’est pour illustrer le fait que lorsque le second a été annoncé, non seulement j’étais ravi, mais en plus le fait de faire une préquelle de Breath of the Wild en muso m’a semblé être une évidence.

Faire une préquelle à Breath of the Wild, c’est nous faire jouer à ces évènements qui ne sont qu’abordés dans le jeu d’origine, à savoir le moment où le Fléau Ganon a ressurgi et envahi Hyrule. Le moment où les quatre Prodiges se sont fait tuer dans leurs Créatures Divines, et où même Link a fini par céder. C’est raconter la pression immense que subit Zelda qui doit trouver le moyen d’éveiller son pouvoir, et qui finira par le faire au tout dernier moment, presque trop tard.

On connait déjà cette histoire, mais pouvoir y participer, c’est du fan service comme on peut l’aimer. Qui plus, cette histoire, c’est avant tout l’histoire d’une guerre, et le genre s’y prête parfaitement, d’autant plus quand on imagine le sentiment d’urgence mentionné plus haut et la fin tragique de cette aventure.

Il fallait le faire pour se louper… Ils l’ont fait.

Zelda, déçu par le nouveau Hyrule Warriors

Où commencer alors ? Eh bien, par ce qui m’a plu peut-être. Ceci dit, il a fallu que je relance le premier épisode pour m’en rendre compte : les combats sont meilleurs dans l’Ere du Fléau. En termes de mécaniques pures et de ressenti, c’est bien mieux. D’une part, si le jeu compte moins de personnages que son prédécesseur, il n’y a pas de doublon ici. Tous les héros ont un moveset qui leur est propre. On matraque toujours les deux mêmes touches d’attaques en boucle, mais au niveau du feeling, on a vraiment le sentiment d’incarner des personnages différents. Revali, par exemple a la possibilité de flotter à quelques mètres du sol et est très efficace contre les grands groupes d’ennemis, en tirant des volées de flèches ; Zelda manipule et combine les pouvoirs de la tablette du Sheikah ; quant à Link, c’est un bourrin dont l’épée couvre une large zone (il a aussi la possibilité d’utiliser d’autres armes).

Et puisqu’on parle de la tablette Sheikah, le jeu amène aussi une mécanique de points faibles des boss qui demande d’utiliser un pouvoir au bon moment (la fenêtre est souvent très large et il y a une icône indiquant clairement ce qu’il faut utiliser) pour les mettre en difficulté.

Enfin, comme dans Breath of the Wild, on peut également faire une esquive parfaite pour ralentir le temps et enchaîner quelques attaques qui la encore atteindront la jauge de faiblesse du boss. Là encore c’est très permissif.

Bref, ces petits ajouts de gameplay sont forts sympathiques. Maintenant, j’ai quand même beaucoup de choses à lui reprocher.

Toujours les mêmes mini-boss

Déjà le bestiaire ne se renouvelle que très peu. On finit par revoir toujours et toujours les mêmes boss : Moblin, Lithorok, Hinox, Lynel et Gardien et un peu plus rarement les ombres de Ganon ainsi que des Moldarquor. Je ne crois pas en oublier. C’est le bestiaire de Breath of the Wild, hein, pas de soucis. Sauf que dans ce jeu, on les affronte en boucle jusqu’à ce qu’il n’ai plus aucune idée de comment les renouveler et nous propose donc des versions de feu, de glace et d’électricité.

Au bout, d’un moment, ça rend fou, vraiment. Surtout que les patterns ne changent pas en fonction de leurs différentes formes, ce sont juste de plus gros sacs à pv. Qui plus est, le jeu est long. Si vous comptez faire un maximum de missions annexes entre les principales, comptez 25 à 30 heures de jeu. Si vous souhaitez atteindre le 100%, comptez deux fois plus. Et croyez-moi, 25 heures à affronter les 5 mêmes ennemis, c’est long.

Même si plus tôt, je vantais les mérites des combats plus dynamiques par rapport au premier Hyrule Warriors, il faut bien comprendre que ça reste un muso. Un sous genre où vulgairement on ne fait que matraquer les deux mêmes touches en boucle, voir même une seule. J’enfonce peut-être une porte ouverte, et certains adorent se défouler dans ces titres mais le fait est que mes muso préférés sont ceux qui apportaient un petit quelque chose en plus. Dans Hyrule Warriors premier du nom, il y avait cette dimension stratégique et une notion d’urgence. Dans Dynasty Warriors 7, il y a la narration qui intervient régulièrement venant rythmer les missions. Même dans les muso que j’aime moins, j’apprécie quand il y a ce petit truc en plus, comme le petit tower defense de Dragon Quest Heroes ou la grande map ouverte de Dynasty Warriors 9.

Sans ce petit élément en plus, on a juste la base d’un muso. Du combat, sans grand intérêt en boucle. On a l’Ere du Fléau : un jeu redondant. Ce qui m’amène à une autre frustration : pourquoi jouer un autre personnage que Link ? Très vite dans mon aventure, c’est devenu le héros ayant le plus haut niveau, et sachant que les missions nous laissent l’incarner dans 90% des cas, pourquoi changer ? Puisque ce ne sont pas des jeux difficiles, et que le cœur du gameplay réside dans le fait d’affronter les mêmes ennemis qui ont simplement plus de vie, pourquoi j’irai jouer un autre personnage, moins puissant, pour matraquer le même bouton (mais du coup plus longtemps) ? Malgré le court plaisir à essayer un autre moveset, je me suis retrouvé à jouer beaucoup plus Link (qui a également une des meilleures armes assez rapidement) que n’importe quel autre héros. C’est un reproche que je fais au jeu, mais que je pourrais me faire également. A moi de varier aussi mon aventure si je me lasse, mais là encore je trouve le premier Hyrule Warriors bien mieux dosé. Il n’hésitait pas à nous imposer d’autres personnages dans sa campagne.

Le level design est aussi très confus

L’Ere du Fléau est donc une expérience longue et rébarbative, ce qui, non, n’est pas le cas de tous les muso ! J’ai d’ailleurs justement relancé le premier épisode pour m’en convaincre. Dans la campagne des vilains, en trois missions, le jeu m’a demandé d’incarner trois personnages différents et j’ai tout de suite retrouvé cette pression appréciable des bases à prendre, en guettant la map pour éviter que les ennemis prennent la mienne, tout en cherchant les cœurs et quarts de cœur bonus. C’était bien, et il est certain que je vais le relancer plus longuement après cet article.

Malheureusement, je n’ai pas terminé avec mes reproches sur l’Ere du Fléau. J’aurai presque pu m’accommoder de ce gameplay redondant pour le fan service de ce qu’aurait dû raconter le jeu. Le problème, et on le sait depuis la démo, c’est que l’Ere du Fléau a choisi d’être une préquelle à Breath of the Wild, mais en fait pas trop. Par un curieux retournement de situation, on va en fait suivre les évènements d’il y a 100 ans, comme prévu, sauf qu’un petit Gardien R2D2 venu du futur (pfff…) vient prévenir nos héros du danger qui les guette.

Pendant un temps, l’histoire telle qu’on pense la connaitre ne change pas trop. On retrouve la pression sur les épaules de Zelda et le recrutement des Prodiges. Il y a juste ce petit Gardien qui diffère et qui donne le mauvais sentiment que ça va partir dans la mauvaise direction.

Et en effet, quand les véritables enjeux pointent le bout de leur nez, c’est terminé. Un ptit coup de voyage dans le temps facile, et du gros fan-service sans intérêt viennent complètement entacher le scénario. Les enjeux sont anéantis, et la tragédie que l’on souhaitait revivre n’existe plus. Je ne sais pas pourquoi ce choix. Peut-être qu’Omega Force s’est dit que c’était trop sombre pour du Nintendo de faire échouer les personnages, ou de les faire mourir… Mais c’était bien là l’intérêt, c’est le drame de Breath of the Wild et son originalité. Vouloir raconter les évènements d’il y a 100 ans sans vouloir passer par là, ça n’a aucun intérêt. Au final, l’aventure ne raconte absolument plus rien, et c’est sur cette victoire déplaisante et forcée que se termine le jeu.

C’est nul, c’est tristement nul.

Finalement le seul point sur lequel l’Ere du Fléau honore correctement Breath of the Wild, c’est sur ses compositions. Les musiques sont vraiment chouettes. Sans dénaturer l’identité sonore du jeu original, le muso reprend ses thèmes et les accélère, les rythme différemment pour coller à l’action. C’est très plaisant de réentendre les musiques originales réécrites et habilement modifiées.

En conclusion, Hyrule Warriors l’Ere du Fléau est un muso. C’est même la base la plus classique d’un muso avec une esthétique Breath of the Wild. Les fans absolus du genre y trouveront leur compte, mais je ne peux m’empêcher de penser que le jeu passe à côté d’un vrai potentiel. Il se contente du minimum et m’apparait du coup comme une vraie déception. D’autant plus que techniquement, c’est un jeu un peu à la ramasse. Pas très joli malgré la direction artistique et surtout souffrant d’un framerate qui atteint rarement la barre des 30 fps, il faut accepter de faire des concessions dès le lancement et l’aventure n’en vaut pas forcément le coup.

Un commentaire sur “Hyrule Warriors L’Ere du Fléau : Musô à raser

  1. Je connais un peu TLO Zelda, et pas du tout cette partie de la saga. J’ai donc lu ton test dans une optique de découverte. Il est bien dommage que Hyrule Warriors, certes vendu comme un jeu un peu « secondaire », devienne rébarbatif même pour les fans.

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s