Avis complètement personnels·Jeux Vidéo

Persona 5 : Cambrioleur de ton cœur

Comme pour Yakuza 0, il s’agit d’un petit avis écrit à l’origine sur Senscritique. Peu élégant, il était découpé en deux parties : après l’avoir mis en pause une première fois, puis après l’avoir terminé. Après tout, vous aviez l’habitude de voir plusieurs de mes personnalités s’affronter sur ce blog. J’ai quand même fait le petit effort de regrouper tout ça en un seul avis de façon à ce que ce soit plus agréable à lire.

Je réalise avec ce Persona que j’ai du mal avec ce type de J-RPG. Je me rappelle pourquoi j’avais abandonné P4 pendant plusieurs mois avant de le terminer.
Je n’aime pas trop la structure de l’aventure finalement. Si au tout début, la partie donjon semble avoir été améliorée et qu’il m’était bien plus aisé de les traverser sans que ce soit un frein à la progression, on termine finalement l’aventure en regrettant qu’ils ne soient plus générés aléatoirement. Pourquoi ? Parce qu’au moins la moitié d’entre eux apportent une mécanique répétée tout au long du chemin qui rend la progression lente et agaçante. J’ai évidemment en tête la transformation en souris du 7ème donjon qui nous ferait presque regretter les bons moments d’infiltration en rat de Lords of Shadow 2, mais c’est aussi le cas pour le 3ème, le 5ème et le dernier (même si c’est moins frustrant). Ceci dit, ce design manuel offre une plus grande variété visuelle fort appréciable.

Voilà d’ailleurs un des aspects formidable du titre, qu’on a parfois tendance à oublier au bout de 100 heures de jeu : visuellement, c’est fou ! Je parle évidemment de la direction artistique flamboyante de l’aventure, qui fait sans cesse exploser ses palettes de couleurs. Dans les donjons bien sûr mais aussi en ville, il suffit de se balader à Shinjuku le soir pour s’en rappeler.

Evidemment il y a aussi toute cette interface absolument incroyable qui va sans cesse se donner à 200% pour renforcer son ambiance de Gentleman Cambrioleur : des différents sous-menus au simple écran de victoire post-combat, Persona 5 se fixe constamment l’objectif d’en mettre plein les yeux au joueur. Même constat pour la bande-son qui réussit sans cesse à faire en sorte que le joueur se dandine sur son siège, et ce même quand il aura entendu un thème pour la 60ème fois. Les musiques sont marquantes mais jamais soûlantes.

Hors donjons, il y a l’aspect quotidien, et c’est globalement la même chose que dans Persona 4. Si je trouvais déjà que ça manquait d’immersion, je passais outre parce que c’était mon premier épisode. Mais là, non, je n’y arrive pas. Au final, que ce soit la faute du jeu ou la mienne, le résultat est le même. Je fais tout très mécaniquement, sans déplaisir, mais sans enthousiasme non plus. Je vais voir mes potes pour faire grimper leurs jauges d’amitié, je vais réviser au café pour gagner de l’intelligence, je passe aux bains publics pour gagner du charisme, … Je fais tout, pour avoir quelque chose en récompense. Et il n’y a rien que je fasse qui ne soit juste parce que j’ai envie de le faire. C’est là mon principal souci, en terme d’immersion, je n’y crois pas à cette ville : on passe à travers les passants, quel que soit l’activité qu’on fasse, le résultat sera une petite animation, mais moi, joueur, je n’ai jamais l’impression de vivre quelque chose. Il est certain que je donne à Persona des ambitions qu’il n’a jamais prétendu avoir, et donc forcément je suis déçu. Persona 5 n’est ni un Yakuza, ni un GTA et sa petite liberté quotidienne n’est pas là pour renforcer l’immersion mais pour y insérer ses mécaniques de RPG de façon originale.

Malgré tout, en revoyant des images de Persona 4, il est maintenant évident de constater que même sans cette recherche d’immersion, le jeu a quand même énormément amélioré cet aspect de l’aventure : les zones sont plus grandes, plus denses et la caméra fait l’effort de se placer derrière le joueur.

Enfin, et c’est surement le point le plus important mais aussi le plus difficile à exprimer, Persona 5 reste une aventure charmante qui laissera une belle trace dans l’esprit. Et si je n’ai pas forcément apprécié l’aventure de A à Z, je sais parfaitement que son souvenir sera intact. Je repenserai avec affection à certains personnages comme Futaba, Sojiro et Makoto. Je me souviendrais de toutes les fois où j’ai demandé à Ryuji de la boucler. Un sourire en coin me viendra quand je mentionnerai le fait d’avoir été interrogé absolument tous les jours de cours et qu’à chaque fois la réaction des autres aura été « Hey, il n’est pas si con pour un voyou ! ». Enfin, je me souviendrais de l’excellent café quotidien fait spécialement pour moi par ma femme de chambre non payé qui se trouve aussi être ma prof.

Mon affection sur ce titre est bien moindre face à celle que j’avais pu ressentir sur Persona 4. Les personnages de ce dernier étaient plus soudés, plus attachants et son ambiance de petite ville m’a finalement plus touché que celle de la capitale. Dans Persona 5, malgré leur style flamboyant, j’ai eu l’impression de jouer avec une bande de bras cassés, avec des personnages qui ne seraient jamais devenu amis s’il n’y avait pas eu une enquête commune pour les regrouper. C’est différent, mais ça reste une sacrée aventure.

C’était bien. C’était épuisant.

Je suis fier de l’avoir terminé. Jamais je n’y retouche.

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